Mercredi 20 août 2008

Que faire ?

Il avait lu dans un magazine gratuit pour jeune, qui s’appelait “Oxygène” un reportage sur une association homosexuelle (benh oui, on ne disait pas gay à l’époque…) qui se dénommait “Antenne Rose”.  Il trouvait le nom complètement débile. Pourquoi prendre un nom qui s’apparente à une couleur stéréotypée des gays, pourquoi jouer le jeu de ces hétéros qui aimeraient bien nous voir tous habillés en rose pour se conforter dans leur position de normalité ? Vous constaterez qu'il était déjà très « revendicateur » avant même d’avoir eu un contact avec quelques associations associatives que ce soit. Bon d’accord, le nom « Antenne rose » ne lui plaisait pas, mais c’était bien le seul indice, qu'il avait trouvé dans sa vie de jeune mec de 17ans, qui lui confirmait qu’il existait d’autres mecs comme lui. Quand on y pense, c’est assez terrible finalement. 17 ans et gay de nos jours, ça me parait moins difficile, non ?

« Antenne Rose » (devenu de nos jours « Tel Quel ») animait une émission radio hebdomadaire en soirée. Il écoutait la radio, dans sa chambre, sur sa chaine Sanyo, le casque bien vissé sur sa tête par peur que ses parents n’entendent des choses qu'il ne connaissais pas lui-même mais qu'il imaginait ne pas être pour eux une écoute « saine ». Son premier contact avec la culture gay fut par la radio, suite à la lecture d’une annonce dans un journal gratuit. Ne sous-estimons pas le travail de ces groupes associatifs, qui peuvent souvent nous paraître dépassé, mais qui ont un rôle réellement important. Je ne serais pas ce que je suis aujourd’hui sans eux.

Imaginez-donc ce gamin de 17 ans avec son gros casque stéréo en train de chercher la bonne onde, tournant le gros bouton pour faire bouger l’aiguille dans la bande FM, même pas certain qu’il puisse recevoir la radio depuis son HLM. Et paf, tout à coup, il tombe sur l’émission. Et il découvre un autre monde, mais pas du tout celui à quoi il aurait pu s’attendre. Il entend quelques voix légèrement efféminées, d’autre viriles et jolies. Il écoute des informations sur des bars gay, des discothèques gay (il n’y avait pas encore de restaurant gay), il écoute des reportages sur d’autres personnes en souffrance (il y avait une émission qui se dénommait « Raconte-toi » et où une personne gay répondait à diverses questions sur sa vie et ses expériences). Il écoute les petites annonces qui ne sont pas tout-à-fait compréhensible pour lui, un peu comme lorsque vous lisez des petites annonces immobilière pour la première fois : « Jeune mec cherche Daddy pour plan scatto ». Hein, kesskessaissa ? Malgré ce choc de culture (et oui, s’il existe une culture gay, il ne faut pas oublier que le jeune gay  a baigné lui dans une culture mono-hétérosexuelle…) il trouve l’émission vraiment très chouette. Et chaque semaine, il est tout content de retrouver cette émission qui parle finalement de lui. Il se sent bien, il rigole. Seul dans sa chambre, il se sent aimé. Il découvre aussi des choix musicaux différents (lui qui n’écoute quasi que Brel, Bowie et de la musique classique). Mais être bien qu’une soirée par semaine, ce n’est pas assez. Et puis, il rêve toujours de rencontrer son Ruppert. Et fantasmer sur le saxophoniste de « Spandau Ballet » ou sur les membres de « Duran Duran », ça a assez durer. Il veut de l’action ! Mais que faire ? Jamais il n’oserait aller dans un de ces bars gay (où il faut à l’époque sonner pour rentrer).
Mais ! Bon sang, c’est bien sûr ! Il avait trouvé la solution. Même si elle ne sera pas aussi facile d’application qu’il le pensait. Et cette solution allait terminer de changer sa vie. Du jeune adolescent un peu bête, il allait de manière fulgurante acquérir une certaine maturité et devenir un rebelle pour sa famille et, à cette époque, également pour la société.

 

A suivre.

par Robert publié dans : Divers
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Mardi 19 août 2008

C’est l’histoire d’un mec de 17 ans qui va au cinéma voir « Another Country » de Marek Kanievska et qui tombe amoureux de l’acteur, Rupert Everett. Il en tombe amoureux comme on tombe amoureux dans les films : c’est le coup de foudre. Il en tombe tellement amoureux qu’il ne se rend même pas compte qu’il tombe amoureux d’un autre mec. Il en est presque à pleurer dans la salle devant la beauté de l’acteur. Les papillons n’arrêtent pas de virevolter dans son ventre. Il se retrouve emporté par du beau cinéma et il ne sait pas encore que sa vie vient de prendre un tournant formidable, qu’il a enfin trouvé sa voie, qu’il va se réveiller et qu’il ne sera désormais plus cet adolescent boutonneux à grosses lunettes. Il prend le tram pour rentrer dans son HLM et il est tout excité. Il raconte à qui veut bien l’entendre que le film est génial et que l’acteur est beau. On le regarde interloqué. Il ne se rend compte de rien. Il se demande déjà quand il va aller revoir le film. Je peux vous dire qu’il est allé le voir quelques fois (vu une vingtaine de fois depuis), qu’il achètera l’affiche du film en deux exemplaires (un pour mettre dans sa chambre, l’autre en réserve, on ne sait jamais). Il est formidable le cinéma qui arrive à changer votre vie, à vous aider à vous comprendre, à être ce que vous êtes. Le soir, dans son lit, il est tellement excité qu’il n’arrive pas à dormir. Il est romantique et rêve d’être dans les bras de Rupert. Il rêve, rêve… puis, tout à coup, il réalise que, oui, mais oui, m’enfin, …. c’est un autre mec. Et puis tout de suite il se revoit dans le tram en train de pérorer sur les qualités du film et la beauté formidable de l’acteur. Il se rend compte qu’il n’a pas eu le répondant souhaité, que quelque chose clochait mais qu’il était excité à un point que ce détail ne l’a pas alerté.  En fait, son unique problème, ce sont les autres et ce qu’ils pensent. Il aurait pu continuer à rêver  en toute liberté, mais il se rend compte que cela n’est pas possible. Et puis il pense à nouveau à Ruppert, et son cœur se réchauffe. Rien n’est plus fort que l’amour, même lorsqu’il s’agit d’un amour d’enfance, naïf et impossible. Et impossible le mec, il le savait. Il n’était pas si con que cela. Mais il désirait par-dessus tout quelqu’un comme Ruppert. Et évidement, il voulait lui ressembler. Il maudissait ses propres cheveux bouclés et voulait avoir des cheveux raides avec une mèche, très romantique selon lui. Il désirait avoir cette élégance anglaise, être habillé comme un gentleman et être délicatement parfumé. C’était, je suppose, sa vision d’un certain dandysme.

La nuit fus pénible, il n’avait presque pas dormi. Mais une chose est certaine, lorsqu’il se réveilla, il savait que ce jour était un jour nouveau et différent. Et il était heureux, même s’il était conscient des embûches qui allaient se poser tout au long de sa nouvelle vie. Il était heureux car il avait décidé qu’il fallait qu’il passe à l’action. Il ne savait pas encore ce qu’il allait faire, mais il allait le faire. Cela suffisait à son bonheur pour l’instant.

 

A suivre.

par Robert publié dans : Divers
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Dimanche 17 août 2008

L'équipe des Biscuits (dont vous trouverez les coordonnées du blog sur ce blog) distribue des biscuits & fruits la 1er et le 3ème vendredi de chaque mois de l'année dans les couloirs de la Gare Centrale à des persones défavorisées.

par Robert publié dans : antijournalisme communauté : l'actualité sans prise de tête
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Dimanche 17 août 2008



Tissens, spécialiste d’anguilles au vert et de Côte à l’Os.

 

Groenendaalsesteenweg 105 à 1560 Hoeilaert.

www.tissens.be

 

Il y a des restaurants comme ça qui vivent sur des formules ou sur des réputations.

C’est le cas ici.

Il faut dire que se dire spécialiste des Anguilles au vert et de la Côte à l’Os, c’est vachement séducteur. Gourmand, j’ai évidement pris les Anguilles en entrée et la Côte à l’Os en plat.

Il y a deux points positifs à ce restaurant : l’amabilité et la simplicité du service. Ici, pas de chichi, un service pas particulièrement rapide mais je préfère toujours le sourire à la rapidité. Dommage que le bouteille de vin soit systématiquement remise dans le frigo du bar car nous avons du par deux fois demander de nous servir du vin. Le deuxième point positif, c’est le cadre. Cossu et agréable, avec une jolie terrasse.

Mais parlons du principal : l’assiette. J’ai goûté les « Croquettes de crevettes » (servies sans persil frit) : elles n’étaient pas assez cuites et les crevettes étaient peu nombreuses. L’Anguille au vert, comme me l’a fait remarqué le garçon, est assez copieuse. C’est d’ailleurs une généralité : on mange copieusement, mais la qualité n’est pas au rendez-vous. L’Anguille était bonne, mais la préparation au vert manquait de ce mélange d’herbes si particulier. Il m’a semblé qu’il s’agissait ici plutôt d’une sauce citronnée au cerfeuil. Ma Côte à L’os est arrivée débitée et saignante (alors que j’avais demandé bleu). A mon avis, il s’agit de blanc-bleu belge, c'est-à-dire d’une viande sans goût, d’un muscle sans gras. La béarnaise était très liquide mais bonne. Les frites sont des pommes allumettes surgelées. Un détail m’a cependant ennuyé : dans le restaurant se trouve une armoire à chauffe-plats. Au dessus de cette armoire se trouvait, dès avant notre arrivée, un plat en inox de frites. Il se trouvait toujours là lorsque j’ai commencé à manger le plat principal. Une serveuse s’en est aperçue a pris le plat, l’a fait repassé dans un bain d’huile et ma l’a servi, ce qui donne des frites un peu trop croustillantes et grasses. Grrrr.

Bref, je suis arrivé plein d’espoirs et suis ressorti plein de déceptions.

par Robert publié dans : Restaurant communauté : l'actualité sans prise de tête
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Samedi 16 août 2008

Ah ! quel plaisir de retrouver les héros des « Chroniques de San Fransisco » ! En lisant cette suite, je me rends compte que ce ne sont pas seulement des héros, j’ai réellement l’impression que ce sont des membres de ma famille. Alors évidement, j’ai dévoré le bouquin. J’ai ri, j’ai pleuré, je me suis laissé aller. Pour ceux qui ne connaissent pas encore « Les chroniques de San Fransisco », je coneille vivement la lecture, d’autant plus qu’elles sont sortie en poche. Je ne résiste pas à vous retranscrire une des deux épigraphes du bouquin qui fait parler le héros, Michael Tolliver et datée de 1976 : « Des gens comme toi et moi… on sera de vieux libertins de cinquante balais dans un monde bourré de calvinistes de vingt ans ».

Ah ! j’aimerais tant pouvoir lire d’autres bouquins aussi bien !

Merci Armistead Maupin.

par Robert publié dans : Bouquins communauté : l'actualité sans prise de tête
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